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22 October 2020
BRS ne serait plus là si nous n’étions pas partis à la conquête du monde

Comment devient-on président de cette vieille maison prestigieuse qu’est BRS ?
J’ai été élu par le conseil d’administration qui représente la centaine de partenaires associés qui contrôlent l’entreprise. BRS, qui n’a aucun actionnaire extérieur, est une entreprise mais aussi une démocratie, avec ses statuts, sa constitution. Tim Jones ayant dépassé 65 ans, il ne pouvait pas rester au conseil mais il continuera à faire profiter BRS de ses talents. Je m’inscris dans la continuité des quatre présidents qui se sont succédé depuis 30 ans, à commencer par Pierre Jourdan-Barry. Lorsqu’il a cédé l’entreprise qui lui appartenait en 1988, ce qui l’intéressait c’était sa continuité. Depuis, Jean-François Cristau, Jean-Bernard Raoust et Tim Jones ont suivi la même voie. Ce qui nous anime tous, c’est la pérennité et la transmission de l’entreprise. BRS en 1988, c’était une cinquantaine de personnes, la plupart basées à Paris. Aujourd’hui l’entreprise fait vivre 530 familles dans le monde.

Mais Paris n’a pas connu la même croissance…
Nous sommes toujours une centaine à Paris. Je ne suis pas certain du tout que nous serions toujours autant si nous n’étions pas partis à la conquête du monde. Je suis même persuadé que BRS ne serait plus là.
Quelle est la conséquence de la pandémie mondiale sur une entreprise comme la vôtre ?
Nous avons dû restreindre nos déplacements – j’ai fait trois voyages depuis le début de l’année alors que je suis habituellement absent de France 100 à 150 jours par an – mais tout le monde a mené un effort considérable pour continuer à faire du business. Les choses vont assez bien sur le plan économique. Grâce justement à nos bureaux dans le monde entier. La Chine est déjà sortie de la crise sanitaire, et nous y sommes bien implantés. Grâce aussi à notre présence sur des marchés très différents. Par exemple dans l’affrètement, en février-mars, le tanker battait des records et le vrac sec était atone, aujourd’hui c’est en train de s’inverser. Dans le secteur de la construction et de la vente et achat d’occasion, l’année est plus difficile mais on ne s’en sort pas si mal grâce à notre place sur des demandes bien particulières.

Vous profitez de cette crise pour proposer d’autres services ?
Nous avons créé un desk dédié au financement des projets appelé PCFA (project and corporate finance advisory), qui nous aide à améliorer notre offre. Il nous donne
un rôle actif pour rechercher et évaluer une solution de financement allant bien au-delà de notre métier traditionnel de courtier qui a toujours consisté à faire le lien entre un client et un ami banquier ou financier.

BRS n’est plus seulement un courtier. Quels sont vos métiers ?
Nous avons trois piliers qui se nourrissent les uns les autres : le courtage, l’analyse et le traitement de données et, enfin, la consultance. Nous formons un tel vivier de spécialistes que nous constatons que nos propres clients viennent parfois recruter chez nous des experts du shipping. Comme les marins qui mettent un jour sac à terre, il y a des gens qui viennent chez nous à 25 ans pour essaimer ensuite.

Le métier de courtier est-il dépassé par le numérique ?
Dans notre métier, on a besoin d’hommes et on ne va pas les remplacer. Mais nous n’avons pas attendu de nous faire doubler par le 2.0 et nous sommes à fond dans
la data car tout est intimement imbriqué. Le courtier, en théorie, c’est quelqu’un qui sait tout sur tout… On aimerait bien être incontournable, on s’y emploie mais c’est assez difficile, je le reconnais ! Alors notre objectif est de réussir à monter les meilleures affaires pour nos clients. Nous suggérons des idées,
nous les faisons passer, nous rassemblons deux clients. Et ça, c’est irremplaçable.

Un président de BRS oublie son métier de courtier ?
Surtout pas ! Il est très important de conserver un ou deux clients avec lesquels on fait des affaires. C’est le meilleur moyen de rester dans le coup. Je reste sur le plateau au milieu de mes camarades.

BRS va quitter ses locaux historiques et vend une partie de ses maquettes. Une page se tourne ?
Non, pas du tout. Nous quitterons certes Neuilly-sur-Seine dans la deuxième quinzaine de novembre – si le contexte sanitaire le permet – pour la tour Suez à La
Défense. Un siège qui sera plus adapté à nos besoins, avec un plateau au lieu de cinq niveaux. Mais comme il y a moins de mètres carrés et plus de surface vitrée, cela nous oblige à nous séparer d’une partie de nos maquettes. La cession a été confiée à un commissaire-priseur, Ader.

Source - Le Marin

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